La méthylprednisolone est un corticoïde (glucocorticostéroïde) utilisé par voie orale et injectable.
ETAT DES CONNAISSANCES
Aspect malformatif
Les données chez les femmes enceintes traitées par corticoïdes, quelles que soient la molécule et la voie d’administration, sont rassurantes (les publications sont nombreuses et le recul est important). On peut considérer à ce jour que la survenue de fentes faciales évoquée avec les corticoïdes n’est pas retenue.
Aspect fœtal et néonatal
Le passage placentaire est de l’ordre de 40%
Des retards de croissance intra utérins et des petits poids de naissance ont été signalés chez des enfants de mère traitée au long cours par des corticoïdes (par voie générale ou locale) dans le cadre de pathologies chroniques (lupus, asthme, greffe d’organe ...). Le rôle propre de la maladie ne peut être exclu.
Un impact sur la surrénale fœtale et néonatale est possible en théorie avec tous les corticoïdes administrés à la mère par voie générale en fin de grossesse.
Cependant, le retentissement sur la surrénale néonatale est peu probable avec un traitement à dose d’entretien (de 4 à 12 mg/j) par méthylprednisolone en cours de grossesse.
EN PRATIQUE
En prévision d’une grossesse
Il n’est pas justifié d’arrêter ou de modifier un traitement par méthylprednisolone quelle que soit sa voie d’administration.
Traiter une femme enceinte
La méthylprednisolone peut-être utilisée à posologie efficace quels que soient le terme de la grossesse et la voie d’administration.
En cas de traitement en fin de grossesse, prévenir les intervenants prenant en charge le nouveau-né, du traitement corticoïde pris par la mère.
Découverte d’une grossesse pendant le traitement
Rassurer quant au risque malformatif de la méthylprednisolone.
La méthylprednisolone peut être poursuivie à posologie efficace quels que soient le terme de la grossesse et la voie d’administration.
En cas de traitement en fin de grossesse, prévenir les intervenants prenant en charge le nouveau-né, du traitement corticoïde pris par la mère.
Allaitement
La quantité de méthylprednisolone ingérée via le lait est faible : l’enfant reçoit (en mg/kg) environ 1% de la dose maternelle (calcul effectué sur un seul cas).
Aucun évènement particulier n’est signalé à ce jour chez les enfants allaités par des mères sous métylprednisolone.
Pour des posologies maternelles inférieures à 50 mg/j de prednisone ou prednisolone (molécules proches), les concentrations dans le lait sont le plus souvent négligeables 3 à 4 heures après la prise maternelle.
Au vu de ces données :
En cas de traitement bref (moins d’une semaine) : l’allaitement est possible quelle que soit la posologie de méthylprednisolone.
En cas de bolus, laisser passer si possible au moins 4 heures entre l’administration de méthylprednisolone et la tétée.
En cas de traitement chronique (au-delà d’une semaine) :
A des doses ≤50 mg/j, l’utilisation de la méthylprednisolone est possible chez une femme qui allaite.
A des doses >50 mg/j, l’allaitement est envisageable en laissant passer si possible au moins 4 heures entre la prise de méthylprednisolone et la tétée.
CRAT - Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
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