CODEDRILL® - CODENFAN® - DICODIN® - NEO-CODION® - PADERYL®
La codéine est un dérivé morphinique antitussif d’action centrale et un antalgique de palier 2 (opioïde léger).
La codéine est métabolisée au niveau du foie pour partie en morphine (5%) par le cytochrome P450 2D6 (CYP2D6). En raison du polymorphisme génétique de celui-ci certains sujets (métaboliseurs ultra-rapides) sont exposés à des concentrations élevées de morphine.
ETAT DES CONNAISSANCES
- Aspect malformatif
- Les données publiées chez les femmes exposées au 1er trimestre de grossesse sont nombreuses et rassurantes. La possibilité d’une faible augmentation des malformations cardiaques a été soulevée par quelques études mais elle n’a pas été confirmée à ce jour.
- Aspect néonatal
- Les opioïdes légers utilisés jusqu’à l’accouchement à doses suprathérapeutiques peuvent être responsables d’un syndrome de sevrage chez le nouveau-né. Il se manifeste notamment par une irritabilité, des trémulations, un cri aigu et une hypertonie, survenant à distance de la naissance. Son délai d’apparition dépend de la demi-vie d’élimination du médicament. Plus celle-ci est longue, plus le délai est important.
EN PRATIQUE
- Traiter une femme enceinte
- Il est possible d’utiliser la codéine à posologie usuelle quel que soit le terme de la grossesse.
- Découverte d’une grossesse pendant le traitement
- Rassurer la patiente quant au risque malformatif de la codéine.
- Si un antalgique de palier 2 ou un antitussif central doivent être maintenus, la codéine pourra être utilisée à posologie usuelle quel que soit le terme de la grossesse.
- Allaitement
- La quantité de codéine ingérée via le lait est faible : l’enfant reçoit (en mg/kg) jusqu’à 7% de la dose maternelle (calcul effectué sur un petit effectif).
- La codéine est métabolisée en morphine. L’enfant allaité reçoit donc de la codéine et de la morphine via le lait.
- Lors de traitements brefs en suites de couches, à raison en moyenne de 4 prises de 60 mg de codéine, les concentrations plasmatiques de morphine chez les enfants allaités, peuvent atteindre 20 % des concentrations analgésiques pédiatriques de morphine.
- Quelques effets transitoires (cyanose et/ou apnée, bradycardie) ont été rapportés chez des nouveaux-nés allaités dans la 1ère semaine de vie par des mères traitées. La validité de ces observations n’est pas suffisamment étayée.
- Un nouveau-né est décédé à 13 jours de vie d’une intoxication à la morphine. La mère a reçu 120 mg de codéine le lendemain de l’accouchement, puis 60 mg/j les 2 semaines suivantes (la dose est diminuée en raison d’effets indésirables maternels : somnolence, constipation). Les mesures effectuées dans le lait le 10ème jour et dans le plasma de l’enfant en post-mortem, retrouvent des taux de morphine très élevés. La mère a un déterminisme génétique de métaboliseur ultra-rapide de la codéine (augmentation de la formation de morphine).
- Au vu de l’ensemble de ces données, on préfèrera utiliser un autre antalgique pendant l’allaitement (cf. Douleur et allaitement).
- Si une autre option ne convient pas, on pourra envisager un traitement par codéine pendant l’allaitement à condition qu’il soit bref (de l’ordre de 2-3 jours) et à la dose la plus faible possible.