ACTISKENAN® - KAPANOL® - MOSCONTIN® - ORAMORPH® - SEVREDOL® - SKENAN®
La morphine est un antalgique de palier 3 (opioïde fort), agoniste pur des récepteurs opioïdes.
ETAT DES CONNAISSANCES
La morphine est l’antalgique de palier 3 le mieux connu chez la femme enceinte quel que soit le terme de la grossesse.
- Aspect malformatif
- Les données chez les femmes exposées au 1er trimestre de grossesse sont rassurantes (les publications sont nombreuses et le recul est important).
- Aspect néonatal
- La morphine utilisée en fin de grossesse peut être responsable chez le nouveau-né de différents types d’événements transitoires :
Un syndrome de sevrage néonatal est possible lors de prises prolongées jusqu’à l’accouchement. Il se manifeste notamment par une irritabilité, des trémulations, un cri aigu et une hypertonie, survenant à distance de la naissance (de quelques heures à quelques jours).
Une détresse respiratoire néonatale est possible en cas d’utilisation de fortes doses juste avant ou pendant l’accouchement.
EN PRATIQUE
- Traiter une femme enceinte
- Il est possible d’utiliser la morphine quel que soit le terme de la grossesse.
- Si le traitement est poursuivi jusqu’à l’accouchement, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. « Etat des connaissances »).
- Découverte d’une grossesse pendant le traitement
- Rassurer la patiente quant au risque malformatif de la morphine.
- Si un antalgique de palier 3 doit être maintenu, la morphine pourra être utilisée quelque soit le terme de la grossesse.
- Si le traitement est poursuivi jusqu’à l’accouchement, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. « Etat des connaissances »).
- Allaitement
- Dans l’analgésie intra-veineuse auto-contrôlée en post-césarienne (24 à 48 heures après l’accouchement) :
- Le nouveau-né reçoit jusqu’à 2 % de la dose néonatale orale de morphine.
- Aucun effet n’a été rapporté parmi une vingtaine d’enfants allaités par des mères recevant de la morphine.
- L’utilisation de la morphine est donc possible dans les 24 à 48 heures qui suivent l’accouchement.
- Au-delà de cette période, il y a peu de données sur la morphine en cours d’allaitement.
- Il est donc préférable de suspendre l’allaitement pendant un traitement par morphine chez une femme qui allaite.
- L’allaitement peut être repris environ 4 heures après la dernière prise de morphine.